OM : le pire du milieu

La défense de l’Olympique de Marseille a concentré les critiques des observateurs au cours des derniers mois. Il est pourtant un domaine du jeu marseillais tout autant en difficulté et bien moins évoqué : le milieu de terrain. Le problème ne résidant pas dans les individualités, les supporters s’inquiètent de plus en plus du projet tactique de Rudi Garcia.

Une brève étude statistique pourrait laisser penser que tout va pour le mieux dans l’entre-jeu marseillais. Quatrième équipe de Ligue 1 cette saison en terme de possession de balle (56.5 %) et de tirs tentés par match (14.3), l’OM semble capable de tenir le ballon et de se créer des occasions. Ces chiffres sont pourtant trompeurs. D’abord, le club phocéen affronte des adversaires au jeu défensif en championnat, n’hésitant pas à laisser la possession de balle. Surtout, les occasions créées par les Marseillais ne sont pas tant le résultat d’un mouvement collectif mais plutôt du talent de trois joueurs clés : Morgan Sanson, Florian Thauvin et Valère Germain. Sur 13 buts inscrits toutes compétitions confondues jusqu’alors, il n’y a que sur l’exploit individuel de N’jie face à Dijon qu’un de ces trois joueurs n’était pas impliqué. Thauvin et Germain assurent en effet la finition avec 5 buts et 2 passes décisives pour le premier tandis que le second affiche 2 buts et 5 passes décisives. De son côté Morgan Sanson, le meilleur passeur du dernier championnat, est pour le moment moins mis en valeur par les statistiques avec seulement 2 passes décisives. Il n’empêche que c’est souvent lui qui apporte de la verticalité et de la créativité à un milieu marseillais qui en manque cruellement.

Une possession de balle stérile

Le dispositif fétiche de Rudi Garcia est le 4-3-3 composé du trident Luis Gustavo-Maxime Lopez-Morgan Sanson, mais on remarque dans les faits que Sanson évolue généralement plus haut que ses deux compères. Cela explique son importance dans la création des occasions marseillaises, bien que Lopez possède également une capacité à casser les lignes qui l’avait gratifié de davantage de passes-clés par match l’an dernier que Sanson (1.40 contre 0.82). A cette analyse il faudrait ajouter l’importance de Dimitri Payet, qui était l’an dernier le sixième joueur de Ligue 1 à réaliser le plus de passes clés avec 2.40 par match. Sans doute son absence joue-t-elle dans les difficultés marseillaises actuelles. Ces considérations statistiques soulignent une dépendance de l’OM à ses individualités, qui n’empêche pas les supporters de pointer du doigt les difficultés du milieu de terrain à imposer son jeu aux adversaires. Au-delà de la question du travail tactique réalisé par Rudi Garcia, c’est la complémentarité des trois milieux qui pose question. Luis Gustavo semble posséder encore le niveau pour être une sentinelle de qualité capable de sécuriser la relance, mais sa lenteur et un certain manque d’audace dans ses passes ne permettent pas à l’OM de remonter rapidement le terrain. Ce problème est aggravé par le fait que Maxime Lopez, chargé lui aussi d’aller chercher le ballon devant sa défense, se retrouve souvent dos au jeu alors qu’il n’exprime jamais mieux son football que lorsque les attaquants sont devant lui. Tout cela a aboutit au deuxième meilleur taux de passes réussies en Ligue 1 l’an dernier avec 84,2%, mais pour quelle finalité ? Les supporters désespèrent de voir une séance de passe à dix entre les milieux de terrain et des défenseurs centraux possédant pour ne rien arranger une qualité de relance à désirer. Cette inconsistance du milieu marseillais s’ajoute à un problème d’équilibre concernant les phases défensives.

L’équilibre défensif

Les claques reçues l’an dernier face à l’AS Monaco et au PSG avaient souligné la perméabilité du milieu de l’OM face aux contre-attaques, phénomène déjà visible face à des adversaires plus modestes. Il apparaissait que William Vainqueur ne possédait pas le profil de chien de garde capable d’annihiler les offensives adversaires, surtout en étant le seul dévoué à cette tâche. Sanson et Lopez ne sont en effet pas des milieux récupérateurs. L’adaptation forcée de Lopez à ce rôle est d’autant plus compliquée au vu de son physique frêle. C’est sans doute pourquoi l’option Zambo Anguissa a été privilégiée à de multiples reprises cette saison. Le Camerounais apporte du muscle et des récupérations aux Marseillais, même si sa qualité technique est bien en-dessous de celle de Lopez. Toutefois, il possède une capacité de percussion permettant d’apporter de la diversité au jeu offensif de l’OM. On le voit bien, Rudi Garcia fait face à un casse-tête pour trouver un équilibre à son milieu de terrain. Il en est pourtant l’unique responsable puisqu’il l’a construit lui-même depuis le mercato de janvier. L’arrivée de Luis Gustavo apparait alors comme une volonté d’obtenir un profil de milieu défensif capable de stopper les contre-attaques adversaires mieux que Vainqueur l’an dernier. Expérimenté et réputé pour ses fautes tactiques, le Brésilien peut remplir cette tâche bien que son manque de vitesse peut poser question. En ce sens, le choc de ce soir contre l’AS Monaco fera figure de révélateur tant pour l’ancien du Bayern Munich que pour Rudi Garcia. Face à une équipe moins verticale que l’an dernier et ayant perdu ses meilleurs éléments, une lourde défaite remettrait sérieusement en cause le projet tactique de l’entraineur. D’autant plus qu’à quatre jours de la fin du mercato, les supporters poussent pour une recrue dans l’entre-jeu…

 

 

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