On a lu “au cœur des Bleus” de Vincent Duluc

Au cœur des Bleus, de Vicent Duluc aux éditions Hugo Sport.

Durant le mois de juillet, durant lequel l’actualité footballistique n’est pas très pertinente avec ces rumeurs de transfert. L’équipe de Papinade a décidé de lire certains livres parlant du ballon rond qui sont sortis avant l’Euro. L’occasion aujourd’hui de se plonger dans l’œuvre “Au cœur des Bleus”  de Vincent Duluc, rédacteur en chef du journal l’Équipe.

Depuis plus de 25 ans, Vincent Duluc suit l’équipe de France, il dispose d’un accès tout particulier avec les différents sélectionneurs qui se sont succédés à la tête des Bleus. Ce livre est une plongée dans l’intimité et les secrets de coachs que l’on ne pourrait peut-être pas imaginer lorsque l’on est un simple supporteur. De la nomination rocambolesque de Michel Platini, au conflit d’intérêt entre Laurent Blanc et Didier Deschamps, le livre passe au peigne fin un bon nombre d’histoire racontées par les sélectionneurs en question. Malheureusement, le livre n’est pas aussi profond que ce qu’il devrait, la faute à une langue de bois trop utilisée dans le milieu.

Des anecdotes croustillantes

Les différentes candidatures pour le poste de sélectionneur, les campagnes d’élections façon campagne politique, le poids d’Aymé Jacquet dans les décisions finales. Tout ça est épié dans ce livre. On y apprend par exemple que Raymond Domenech, Jacques Santini et Didier Deschamps se sont rapprochés de leurs « ennemis » pour pouvoir être élus. Jacques Santini, premier champion de France avec Lyon en 2002 ne disposait pas du soutien de la DTN pour prendre l’équipe de France. Seul Jean-Michel Aulas qui voulait changer d’entraîneur a poussé dans ce sens. De l’autre côté, Guy Roux, président du syndicat des entraîneurs, et membre très influent au sein de la FFF n’est pas de cet avis.

Finalement Jacques Santini est élu et dispose du meilleur bilan à la tête des Bleus, en terme de points par match (2,75 points/match, 22 victoires, 4 nuls, 2 défaites de 2002 à 2004), mais est loin de faire l’unanimité dans le pays. Durant la période dorée de la génération 1998-2000, Jacques Santini réalise un sans faute pour les qualifications à l’Euro.  Il gagne la coupe des confédérations en 2003 et ne perd pas un match jusqu’à ce quart de finale face à la Grèce à l’Euro 2004. Au final on lui reprochera beaucoup de choses, il sera notamment caricaturé pour sa lenteur dans les guignols. Cependant, l’épisode de l’annonce de son futur club avant la compétition restera comme incomprise. « J’ai annoncé aux joueurs avant le début de la compétition que je rejoindrai Tottenham une fois que la compétition sera finie ». Aujourd’hui encore ce mode de fonctionnement fait débat, mais l’intéressé s’en défend « J’ai été honnête, j’ai mis au courant mes joueurs, après cela n’a sûrement pas plu à tout le monde.»

Un sentiment d’inachevé

Nul doute que Vincent Duluc n’a pas tout dit. Il n’a pas mentionné la totalité des entretiens sinon le livre aurait fait 200 pages de plus, mais lorsqu’on lit les chapitres des sélectionneurs récents (celui de Laurent Blanc en tête) on en ressort quand même avec un sentiment d’inachevé. Le président se confie sur beaucoup de choses, notamment son rôle dans l’après-Knysna. On s’attend alors à un bon nombre d’anecdotes, de témoignages, mais au final on a pas grand choses. L’histoire du conflit avec Didier Deschamps est similaire, Laurent Blanc commence à en parler, puis l’auteur coupe certaines parties. Pour ne pas accabler Didier Deschamps pendant l’Euro, pour garder une part de mystère, on ne le sait pas, mais ça gâche un peu le plaisir. La traditionnelle langue de bois de Laurent Blanc aura eu raison de son passage dans ce livre. Au final c’est dommage car c’est celui dont les paroles auraient pu être les plus intéressantes puisque c’est lui qui a géré le post 2010.

Enfin le chapitre sur Aymé Jacquet, qui est un modèle d’écriture, contient les passages les plus intéressants du livre alors que c’est le seul sélectionneur qui n’a pas parlé à Vincent Duluc. La description du parcours du coach champion du monde est très intéressante et la dégradation des rapports entre Jacquet et le quotidien l’Equipe est parfaitement expliqué, même si bien entendu le point de vue n’est pas objectif à 100 %. On comprend alors que les relatons entre les journalistes et l’équipe de France sont souvent conflictuelles au point d’arriver jusqu’au point de non-retour.

Pour conclure ce livre est très intéressant à lire, surtout lorsque l’on a pas vécu les époques antécédentes à 1998. C’est une façon de plonger dans les problèmes du football français qui traînent depuis de nombreuses années. Vincent Duluc a réussi à réunir quasiment tous les sélectionneurs pour faire partager des anecdotes et c’est assez rafraîchissant.

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