On était à Gênes pour le derby de la lanterne !

Quagliarella et Muriel fêtent l'ouverture du score.

Ce match entre le 16e et le 12e de la Série A n’avait, sur le papier, pas grand-chose pour attirer les foules. Pourtant, à Gênes, c’est toute la ville qui s’est arrêtée ce samedi en fin d’après-midi pour vivre ce 113e derby de la lanterne. Entre, fumigènes, bombes agricoles et Foccacia, ce match à la saveur toute particulière pour les tifosi va une nouvelle fois marqué les esprits. Récit. 

12h, samedi 22 octobre, Gênes. Le derby n’est que dans 6 heures et, pourtant, les balcons de la cité italienne, les drapeaux fleurissent. D’un côté le Genoa, de l’autre, la Sampdoria. Les premiers pronostics vont bon train, et on se projette déjà sur les possibles pires scénarios. La Sampdoria n’a gagné que deux matchs sur les 8 premiers, et va affronter le Genoa, la Juve, l’Inter, la Fiorentina et Sassuolo dans cette ordre-là. Une contre-performance pour le derby pourrait amorcer une série de résultats négatifs. De l’autre côté le Genoa sait qu’avec un match en moins et 4 points d’avance, même en cas de défaite, ils resteront devant la Sampdoria à la fin du week-end. Mais on le sait, les mathématiques n’ont pas beaucoup de places dans un derby.

Bière, bombes agricoles et Regini

16h, arrivé devant le stade Luigi Ferraris, du côté des tifosi de la Sampdoria. La rue “Via del Piano” est déjà bleue et blanche. Les ultras ont pris possession de leur lieu et mettent déjà une certaine ambiance, “Si un supporteur du Genoa passe ici, il ne repart pas sur deux jambes” entend-on. Il faut dire que les bars placés le long de la rue et servant des pintes à 3€ aident. Le sol est jonché de cadavre de bière que les scooters, omniprésent autour du stade, peinent à esquiver. La Sampdoria joue à domicile ce soir, et aura donc sa tribune sud et les deux tribunes latérales pour faire du bruit. Ils savent qu’ils seront supérieurs ce soir et commencent à faire du bruit sur la route menant au stade. Plusieurs bombes agricoles explosent au milieu de la rue sous les acclamations des tifosi présents. Au total, il y aura une demi-douzaine de détonations avant le match.

Le coup d’envoi approche et les pronostics sur la composition vont bon train, “Notre meilleur joueur c’est le gardien Viviano, et il est pas là ! A la place, c’est Puggioni qui n’a pas joué un match depuis 2 ans.”  avant que chaque ligne en prenne pour son grade. “Derrière, il n’y a que Silvestre qui tient la route, le reste c’est nul, surtout Regini.” Ce dernier sera à la stupeur générale, capitaine lors du derby. Au milieu et devant, seuls Torreira et Muriel ont les faveurs des supporteurs. Tout le contraire de Quagliarella et Ricky Alavarez qui essuient des “coglione” ou “bastardo” à la simple évocation de leur nom. Un dernier point sur son équipe Fanta Calcio et sur la polémique autour d’Icardi, ancien joueur de la Sampdoria est détesté par tout le peuple bleu ciel, et on peut rentrer dans le stade.

Stadiers, Muriel et penalty raté

Avec 30 000 personnes attendues dans un stade de 35 000 places, il valait mieux essayer d’entrer en avance. Alors que le match a commencé, de nombreux supporteurs sont encore dehors en attendant d’être fouillés. La colère monte et ils menacent de faire tomber les grilles de sécurité. Dans l’enceinte, Quagliarella met une première fois Perin à contribution dès la deuxième minute du match. Après 5 minutes de jeu, les stadiers laissent rentrer tout le monde sans fouiller, même des gens qui n’ont pas de billets. De toute façon plus aucun supporteur ne tient à retrouver sa place, il veut juste voir le match. A peine arriver dans les gradins et pas encore assis, on assiste à l’ouverture du score de Luis Muriel. La Gradinata Sud explose en même temps que les tribunes latérales. L’ivresse est totale pour ses supporteurs qui se voyaient déjà perdre avant le coup d’envoi.

Le stade n’a pas le temps de baisser de volume que la Samp recule, et laisse le jeu au Genoa. Edenilson, intenable sur son côté droit adresse plusieurs centre dangereux que la défense bleue ciel peine à dégager. Il n’y a qu’en contre que la Samp existe. Muriel est dans un grand jour et élimine deux joueurs adverses avant de manquer son extérieur pour Quagliarella. Sauf éclair individuel, la Samp n’y est pas, et ce qui devait arriver, arriva. Sur un énième centre d’Edenilson, Rigoni devance Puggioni et égalise. Les tifosi du Genoa amassés dans leur tribune nord font enfin du bruit. Le match reste agréable à regarder et la tension monte dans les gradins. Les cinq dernières minutes de la première mi-temps sont très longues, une interruption a lieu à cause d’un dysfonctionnement de la Goal-Line technology, et dans la minute qui suit, Quagliarella obtient un penalty. Ce dernier veut se faire justice lui-même mais trouve Perin sur sa route. S’ensuit une montagne d’insulte pour l’attaquant italien.

Autogol sotto la Nord”

La deuxième mi-temps commence et Quagliarella n’a toujours pas fini d’en prendre plein la tête. Dommage pour lui, il bute une nouvelle fois sur Perin dès le début du second acte. La Samp pousse et se voit récompenser lorsque sur un centre de Muriel, Perin repousse sur Izzo qui ne peut éviter le CSC devant ses supporteurs. Un affront que les supporteurs de la Sampdoria ne vont pas oublier. Le stade est un fusion et les bombes agricoles se succèdent jusque dans les tribunes latérales. Chaque fait de jeu donne lieu à des applaudissements ou à une bronca sans précédent, notamment lorsque le Genoa laisse Muriel avec ses crampes pour jouer et qu’ils sont à deux doigts d’égaliser. Contre vents et marées, la Sampdoria parvient à résister et remporte ce derby. Une victoire qui va permettre aux joueurs et au staff de travailler plus calmement dans les prochaines semaines.

Les joueurs restent longtemps sur la pelouse pour fêter ça, et Palombo fini en slip pour le plus grand bonheur de tout un stade, noyé dans l’ivresse d’un derby gagné. On en oublierait presque que cela fait désormais plus de 30 minutes qu’il pleut très fort sur Gênes. Mais qu’importe, dans les rues après le match, les tifosi continuent de chanter à la gloire de leurs idoles. Tout en avançant dans la pénombre d’un samedi soir pluvieux, les lanternes rappellent à tous que Genova è blucerchiata. 

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