Paris cesse enfin de décevoir

Pour la première fois depuis quatre ans, le Paris Saint-Germain retrouve les quarts de finale de la Ligue des Champions. Après trois échecs successifs en huitièmes face à Barcelone, au Real Madrid et à Manchester United, les Parisiens renouent enfin avec leurs ambitions européennes. Surtout, après s’être inclinés à l’aller à Dortmund (2-1), ils ont trouvé la ressource pour renverser la situation (2-0). Une victoire acquise dans un stade à huis clos pour cause de coronavirus, qui plus est.

Le PSG (presque) sans pression et en patron

Le coronavirus aura sans doute été le meilleur allié de Paris avant d’aborder ce huitième de finale retour. Après les succès obtenus les années précédentes face au Barça et à Manchester, la presse française n’avait cessé d’agiter le spectre de la remontada. Résultat : l’impossible avait fini par entrer dans le champ des possibles. Les Parisiens s’étaient mis à envisager un échec alors que la pression aurait dû être dans le camp d’en face. C’est ainsi que la prophétie autoréalisatrice avait pu se réaliser.

A l’heure du choc, les médias tricolores ont mis le sportif au second plan, la faute au coronavirus et la mise à huis clos de la rencontre. Et c’est sans doute ce contexte particulier qui a aidé le PSG à aborder la rencontre de manière décomplexée. Allant de l’avant dès le début de la rencontre, les Parisiens ont ouvert le score sur un corner d’Angel Di Maria. Profitant du marquage lâche d’Achraf Hakimi, Neymar a pu tromper Roman Bürki de la tête (28′, 1-0).

A ce moment précis, le rapport de force s’est donc inversé. Le PSG, virtuellement éliminé avant le but, se retrouve avec la qualification en main. Les Parisiens auraient pu donc se contenter de défendre. Que nenni ! Ils n’allaient pas reproduire l’erreur qui leur a si souvent coûté la qualification. Ainsi, la physionomie du match n’a pas changé avec le 1-0. C’est donc logiquement que Juan Bernat a doublé la mise en déviant une belle passe de Pablo Sarabia (45’+1, 2-0).

Une victoire au mental

Après la pause, les Parisiens ont laissé le ballon au Borussia. Cette fois-ci, hors de question de laisser l’adversaire faire le siège de la surface. Le milieu s’est donc densifié pour perturber les transmissions. Avec succès : à part sur deux frappes soudaines de Julian Brandt (73′, 78′), le BVB n’a pas vraiment eu d’occasion. Paris a ainsi pu tranquillement valider son ticket pour le tour suivant.

La victoire s’est surtout jouée au mental. A aucun moment, la qualification n’a semblé en mesure de fuir Paris. Neymar, leader du secteur offensif, a enfin répondu présent dans un grand rendez-vous. Sa facilité à obtenir la faute a souvent agacé des Allemands impuissants. Jusqu’à faire dégoupiller Emre Can, exclu pour avoir bousculé le Brésilien dans les derniers instants du match (89′).

Les célébrations du PSG témoignent aussi d’un esprit revanchard qui lui a si souvent manqué. Chambrés par le Borussia et Erling Haaland à l’aller, les Parisiens ont reproduit la célébration du Norvégien pour lui rendre la pareille. Une réaction certes enfantine, mais qui montre qu’ils ont été piqués dans leur orgueil. La meilleure manière de réagir était donc d’aller chercher la qualification au Parc. Désormais, c’est chose faite.

Les absents ont toujours tort

Cette victoire, c’est également celle d’un PSG qui n’a pas pu aligner son équipe-type. Thiago Silva (blessure), Marco Verratti et Thomas Meunier (suspension) n’étaient pas dans le groupe. Quant à Kylian Mbappé, c’est une angine qui l’a empêché d’être dans le onze de départ.

Les solutions de repli ont toutes été à la hauteur. En défense centrale, Thomas Tuchel avait installé Marquinhos, parfois utilisé en 6, aux côtés de Presnel Kimpembe. Le premier nommé, capitaine d’un soir, a fait preuve de leadership, poussant sa défense à être intraitable sur les offensives allemandes. Quelque chose qui aura si souvent manqué à Thiago Silva, accusé de ne pas savoir tirer le bloc vers le haut dans les moments difficiles. Kimpembe, lui, a réalisé une prestation de haute volée : il a éteint le principal atout offensif du Borussia, Erling Haaland.

Aligné à la place de Meunier dans le couloir droit, Thilo Kehrer a réalisé un match correct. Mais c’est surtout le milieu parisien qui a impressionné. En l’absence de Verratti, le tandem Leandro Paredes – Idrissa Gueye a fait des merveilles. L’Argentin et le Sénégalais ont muselé les offensives du Borussia en seconde période, réduisant à néant le risque de remontada. Et personne n’a regretté Kylian Mbappé, finalement rentré en cours de match (63′). Mbappé a discrètement remplacé un grand Pablo Sarabia, passeur décisif sur le 2-0.

L’heure est à la confirmation

Fin tacticien, Thomas Tuchel se révèle également être un grand manager. Le coach parisien, ancien du Borussia, a su tirer le meilleur de son équipe pour renverser une situation délicate après le match aller. Lui que l’on disait sur la sellette ramène le PSG à un rang à la hauteur de ses ambitions.

Cette force mentale, que l’on avait trop rarement vu à Paris, laisse augurer de très belles choses pour la suite. Encore faut-il que les joueurs confirment sur deux rencontres en quarts de finale, ce qui n’a jamais été le cas depuis l’arrivée du Qatar. Le plus dur reste toujours à venir pour le PSG, et les joueurs devront continuer à lutter contre leurs vieux démons. Avec ce qu’ils ont montré hier soir, on peut quand même se prendre à rêver.

A propos de Benjamin Mondon 251 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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