Où sont passés les numéros 10 ?

Il y a 10 ans, Booba sortait son titre “N°10” dans lequel il expliquait que ses amis, sa famille n’étaient composés que de numéros 10 en référence au symbole que ce numéro représente dans le football. Car s’il y a un symbole à garder du football, c’est le 10. Tout les plus grand l’ont porté, Pelé, Maradona, Platini ou Zidane, ils ont marqué l’histoire du foot, chacun à leurs époques et avec pour seul point commun, ce numéro. Le 10, du plus amateur des footballs, jusqu’au monde professionnel, c’est le leader, c’est le joueur qui a la magie de Ronaldinho, le pied droit de Sneijder, le gauche de Maradona et l’élégance de Zizou. Dans tous les stades du monde, les supporters payent pour voir un spectacle, avec comme tête d’affiche, l’homme au 10 floqué dans le dos. Alors pourquoi, 10 ans après la sortie du titre de Booba, n’y a-t-il pas de successeur à ces illustres joueurs ? Explications.

Ozil à Arsenal, Modric au Real ou Gotze au Bayern, autant de joueurs talentueux que les supporters veulent voir jouer, mais qui ne collent pas à la légende du numéro 10. Ces 3 joueurs ne peuvent pas être considérés comme des vrais meneurs de jeu, des leaders, car quand leur équipe est en difficulté, ce ne sont pas eux qui font la différence, devant eux il y a des joueurs comme Ronaldo, Robben ou encore Ribéry. Le numéro 10 disparaît peu à peu dans le foot moderne, par la faute des entraîneurs, qui par leurs changements tactiques, ne permettent plus d’insérer un 10 au cœur du jeu.

Alternant entre un 4-3-3 ou un 4-2-3-1, en attendant la nouvelle mode de la défense à 3, le meneur de jeu n’a plus cette liberté d’avant et sans liberté le 10 n’est rien. Pensez-vous que Zidane aurait fait une telle carrière en équipe de France s’il n’avait pas eu toute la liberté qu’on lui à donné. Son match contre le Brésil en 2006 est un modèle, quel joueur pourrait faire ça aujourd’hui ? Les styles de jeu changent aussi, dans un jeu de possession comme le Barça ou de contre-attaque comme le Real, le meneur de jeu ne pèse plus autant qu’avant, il manque d’impact, il n’est plus le joueur essentiel à l’équipe. Riquelme ou Rivaldo, avec tout le talent qu’ils ont, n’auraient pas réussi à jouer dans le football moderne comme ils ont joué au début des années 2000.

Manque de formation

Si on ne peut plus se faire plaisir en regardant des performances techniques dignes des numéro 10 de l’époque, c’est avant tout un problème de formation. Pendant de longues années, les centres de formation français ont privilégié le côté physique à l’aspect technique, ce qui a entraîné la régression du football français. Par exemple, Antoine Griezmann, nouvelle idole des supportrices françaises, a été refusé par plusieurs clubs tels que St-Etienne ou Lyon car il était trop petit. Un exemple qui suffit à comprendre pourquoi la France a connu une période creuse après 2006.

Et depuis cette année la, la France du foot cherche un successeur à ZZ, tout les joueurs annoncés comme des “futurs Zidane” se sont plantés, Nasri ne s’est jamais imposé, Gourcuff creuse le déficit de la sécurité sociale, et Marvin Martin a disparu encore plus vite qu’un avion de la Malaysia Airlines. Fort heureusement le problème n’est pas que français. L’Angleterre n’a pas de 10, l’Italie va mettre longtemps pour remplacer Pirlo, le Portugal n’a plus d’équipe, ou encore le Brésil et l’Argentine essaient de faire illusion avec Messi ou Neymar (mais ça ne vaut pas Maradona ou Ronaldinho).

Symbole en perdition

Avec la perte de vrai numéro 10, c’est tout un symbole qui s’en va. Aujourd’hui un joueur signe dans un club et récupère le 10 comme l’a fait James Rodriguez au Real. Alors qu’avant, pour porter ce numéro, il fallait avoir fait beaucoup de choses. C’était un honneur, c’est devenu un business.

Avec le numéro 10 pour James, le Real vendra beaucoup plus de maillots en Amérique latine que s’il avait eu le 22. Il y a de cela 3-4 ans, les numéros 10 du Real et d’Arsenal se nommaient Lassana Diarra et William Gallas… Quand on pense à l’historique de ces 2 clubs, ça fait mal, ces joueurs n’ont jamais eu le talent ni la classe pour porter ce numéro mythique. Il n’y à qu’a voir les joueurs qui porte le numéro 10 dans les clubs les plus riches du monde aujourd’hui pour se rendre compte que ce n’est plus ce que c’était. James, Messi, Dzeko, Rooney ou encore Ibrahimovic, peuvent se vanter de porter le numéro 10 mais ne sont pas vraiment des numéros 10. Certains diront Messi : mais c’est avant tout un attaquant, il préférera toujours marquer que faire marquer, le 10, lui fait briller ces coéquipiers.

Et de ne plus voir de numéro 10, c’est aussi le symbole d’un football qui change, on ne veut plus de joueur fantaisie, on veut des joueurs efficaces, on ne veut pas d’un Pastore qui met des petits ponts dans la surface, on veut du Zlatan qui frappe fort et qui marque. C’est le symbole d’un sport qui devient purement statistique et de moins en moins technique.

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