Quel avenir pour les centres de formations français?

En ces périodes de matchs amicaux, il n’est pas rare de voir fleurir de nouveaux talents. La préparation est la période idéale pour les coachs de laisser leur chance aux jeunes pousses de l’effectif et c’est ainsi que nous avons pu voir les premiers pas de Kingsley Coman, Allan Saint Maximin et d’autres. Mais l’arrivée d’investisseurs étrangers semblant se démocratiser en France (Paris Saint Germain, AS Monaco et plus récemment Racing Club de Lens), nous sommes en droit de nous poser des questions en ce qui concerne les centres de formations français.

Dans un premier temps, on peut rappeler que tous les grands clubs européens possèdent dans leurs effectifs des joueurs de grande voire très grande classe issus de leur centres de formations. Casillas et Sergio Ramos au Real Madrid, Schweinsteiger et Lahm au Bayern Munich, Giggs et Welbeck à Manchester United, sans parler du FC Barcelone qui peut aligner à chaque journée de Liga un onze titulaire issu de la Masia.

Mais qu’en est-il en France ? Les initiatives pour promouvoir les jeunes dans le football français ne manquent pas. On pense surtout à la coupe Gambardella, réservée au moins de 19 ans et dont la finale se joue quelques heures avant la Coupe de France au Stade de France (on peut rappeler ainsi le doublé de Bordeaux cette saison en Gambardella + CdF). Certaines équipes laissent grandement leurs chances aux joueurs du centre de formation : Valenciennes avec Isimat Mirin (désormais a Monaco) et N’Guette, Saint Etienne avec Ghoulam, Guilavogui et Zouma, Lyon avec Ghezzal et Benzia, ne sont que quelques exemples de clubs sachant s’appuyer sur leurs jeunes.

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Par contre, les deux rivaux de toujours : Paris et Marseille font partis des clubs qui préfère s’appuyer sur le recrutement de masse plutôt que sur l’alchimie recrues/jeunes formés. On peut penser au duo Aréola Bahebeck, récemment auréolés du titre de champions du monde U20 avec l’équipe de France et qui ne trouve pas de place dans l’effectif pléthorique du champion de France 2012/2013. Bahebeck rejoint donc Valenciennes après son prêt à Troyes la saison dernière. Le gardien d’origine philippine, lui, déjà en proie à une concurrence féroce avec Salvatore Sirigu et Nicolas Douchez a vu les dirigeants de son club faire signer son premier contrat professionnel au gardien ultra-prometteur Mike Maignan prêt à tout pour gravir les échelons. Sans même parler de Yaisien, Coman, Rabiot ou Conte, les sommes investies dans les recrutements de Paris depuis maintenant 3 saisons ne permettent pas aux joueurs de grandir au sein du club de la capitale. Même son de cloche pour l’Olympique de Marseille ou des jeunes comme Bilel, Omrani ou Chris Gadi continuent d’enchaîner les prêts.

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La politique de recrutement intensive de ces clubs ainsi que d’autres d’ailleurs (car Paris et Marseille ne sont pas les seuls clubs dans ce cas, loin de là) n’est pas inédite mais il ne faut pas oublier que ce sont les centres de formations qui font vivre le football professionnel et que cela a toujours été le cas. Ce qui est certains, c’est que l’équilibre instable entre recrues et jeunes du club est la clé du succès comme nous le prouvent les grands clubs européens depuis des années et plus récemment le Borussia Dortmund. Reste à savoir si tous les dirigeants de club l’ont bien compris.

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