Real Madrid : ces Merengue de l’ombre

Ils s’appellent Carvajal, Nacho, Illarramendi, Casemiro ou encore Morata. Titulaires fréquents ou remplaçants de luxe, ils tentent tout pour se faire une place au sein de l’équipe du Real Madrid. Contrairement aux illustres Cristiano Ronaldo et Gareth Bale, ou même aux très médiatiques pépites Jesé et Isco, ils ne focalisent pas sur eux l’attention des médias. Portrait de ces jeunes joueurs méconnus du grand public, qui seront les Galactiques de demain.

Daniel Carvajal : le retour fracassant de l’enfant prodigue

Entre Daniel (ou tout simplement Dani) Carvajal (22 ans) et le Real, ça ressemble un peu à une histoire d’amour vache dans le style “je t’aime, moi non plus”. Pur produit de la formation merengue et de l’équipe réserve du club madrilène, la Castilla, le jeune arrière droit est frustré par la décision de José Mourinho, alors entraîneur du Real et en froid avec le staff de la réserve, de ne pas faire appel aux jeunes. En juillet 2012, il s’exile au Bayer Leverkusen contre 5 millions d’euros, avec une clause dans son contrat permettant au Real de faire revenir Carvajal contre 6,5 millions d’euros. Auteur d’une fantastique saison 2012/2013 à Leverkusen, élu meilleur latéral droit de Bundesliga, il tape dans l’œil… du Real Madrid qui a fait jouer, l’été dernier, sa fameuse clause pour récupérer l’enfant prodigue.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le retour de Carvajal à la Maison Blanche est époustouflant. Dani relègue Alvaro Arbeloa sur le banc pour s’imposer comme un titulaire de plus en plus indiscutable au poste de latéral droit (38 matchs joués dont 28 en championnat cette saison). Très offensif et rapide, le natif de Leganés, dans la banlieue de Madrid, tient également la route physiquement, ce qui lui vaut les faveurs du coach Carlo Ancelotti. Et pourquoi pas celles du sélectionneur espagnol Vicente Del Bosque? Appelé dans les équipes espagnoles de jeunes, Carvajal peut prétendre à une place pour la Coupe du monde.

Dani Carvajal.
Dani Carvajal.

Nacho : le bouche-trou

Sans doute, le nom de Nacho vous évoque davantage celui d’un homonyme évoluant à Arsenal, Nacho Monreal. Et comme son homonyme, le Nacho du Real, Nacho Fernandez, est latéral gauche. Mais il est aussi latéral droit. Et défenseur central. Bref, Nacho sait tout faire en défense. Un vrai bouche-trou, pur produit de la Castilla : né dans la capitale espagnole il y a 24 ans, formé au club, pro depuis 2009, il a creusé son trou dans l’équipe réserve madrilène avant d’obtenir sa chance en 2011, un jour de victoire à Valence (3-6).

Depuis, Nacho continue son parcours, lentement mais sûrement. Il a honoré une sélection en équipe nationale contre le Chili en septembre dernier. Malgré un temps de jeu très faible (16 matchs joués cette saison dont 9 en championnat) et la forte concurrence en défense, il possède un profil très intéressant, tant par sa polyvalence que par sa vitesse et son assurance. Un joker de luxe qui a sa carte à jouer avec Carlo Ancelotti.

Nacho Fernandez.
Nacho Fernandez.

Asier Illarramendi : le successeur de Xabi Alonso?

Moins médiatique que celui d’Isco, le transfert d’Asier Illarramendi est sans doute l’un des plus grands coups de maître réalisés lors du dernier mercato d’été. “Illarra”, né au Pays basque, formé et ayant fait ses classes à la Real Sociedad de Saint-Sébastien, a été l’un des artisans de la qualification du club en Ligue des champions à l’issue de la saison 2012/2013. Le jeune relayeur (24 ans) a depuis signé au Real Madrid pour plus de 32 millions d’euros. Ce qui n’est pas sans rappeler le parcours d’un autre relayeur madrilène, Xabi Alonso, qui avait fait ses classes à la Real Sociedad. De là à penser qu’entre Alonso (32 ans) et Illarra se déroule une lente passation de pouvoirs, il n’y a qu’un pas. L’ex-joueur de Liverpool est devenu une sorte de protecteur, un modèle pour le nouveau madrilène qu’il a pris sous son aile.

Illarra a même gratifié ses anciens supporters d’Anoeta, lors du choc entre les deux Real, d’un but il y a une semaine. Le joueur est devenu titulaire, auteur de 24 matchs de Liga mais de 10 en Ligue des champions. Coach Carlo apprécie beaucoup sa clairvoyance dans le jeu, ses passes, son placement et sa bonne qualité de frappe. Il se dit qu’Illarra négocie en coulisses la venue d’un autre relayeur au Real, Rubén Pardo, milieu… de la Real Sociedad. Tout un symbole.

Asier Illarramendi.
Asier Illarramendi.

Casemiro : le temps de l’adaptation

Casemiro (22 ans) suscitait beaucoup d’attentes au moment de son transfert définitif au Real Madrid, l’été dernier. Prêté par son club formateur, le FC São Paulo, au Real Madrid lors du mercato d’hiver 2013, le milieu offensif international (5 sélections) brésilien très polyvalent avait été remarqué avec l’équipe B des Merengue. A un tel point que les dirigeants madrilènes avaient racheté le joueur pour 6 millions. Mais cette saison, Casemiro n’a pas su satisfaire les espoirs placés en lui. En tout, cette saison, il n’a disputé que 20 matchs dont seulement 3 comme titulaire, sans avoir inscrit un seul but alors qu’il avait réalisé une grosse présaison. La faute à la concurrence : reléguer Luka Modric ou Asier Illarramendi sur le banc n’est pas une chose simple. S’adapter au style de jeu espagnol est également très dur lorsque l’on vient du Brésil.

Néanmoins, rien n’est perdu pour Casemiro. Capable de jouer derrière l’attaque ou en tant que relayeur, puissant, clairvoyant, le Brésilien a toutes les qualités pour réussir au Real. Encore faut-il que les dirigeants merengue lui donnent l’occasion de s’aguerrir et de gagner du temps de jeu, pourquoi pas en prêt. Espérons qu’il puisse saisir sa chance dans le futur.

Casemiro.
Casemiro.

Alvaro Morata : le buteur le plus efficace d’Espagne

Alvaro Morata (22 ans) n’est pas issu de la Castilla, mais du centre de formation de l’Atlético, l’autre club de Madrid. Après un bref passage à Getafe, il intègre la réserve du Real, où il s’impose très vite comme un homme à suivre. A partir de 2010, il fait quelques apparitions avec l’équipe A, avant de mettre ses premiers pions en Liga la saison dernière. Mais c’est cette saison qu’il est devenu l’un des jokers préférés d’Ancelotti. Le coach italien a préféré faire confiance à Morata plutôt que de chercher un remplaçant à Higuain.

Pari gagnant : Morata a disputé 28 matchs cette saison toutes compétitions confondues, et malgré seulement 4 titularisations, il a inscrit 7 buts. Un ratio d’un but toutes les 47 minutes qui fait de lui l’attaquant le plus efficace du championnat espagnol. Puissant, opportuniste, bosseur, Morata le buteur monte en grade dans l’estime de son entraîneur au fil des matchs. Avec la blessure de Jesé, il s’impose comme une alternative à Benzema. Pour mieux détrôner l’international français ?

Alvaro Morata.
Alvaro Morata.

© Real Madrid (toutes les images)

A propos de Benjamin Mondon 183 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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