Real Madrid : crise à la Maison Blanche ?

Carlo Ancelotti

Les fins de saison se suivent mais ne se ressemblent pas pour le Real Madrid. Alors qu’on avait vu les Merengue triompher en Ligue des Champions la saison dernière, cette fin d’exercice 2014/2015 s’apparente à un cauchemar. Sortis en demi-finales de la plus prestigieuse des coupes d’Europe par la Juventus, en huitièmes de finale de Coupe du Roi par l’Atlético et battus par le Barça dans la course au sacre national, le Real n’a plus rien à jouer. Après avoir battu Getafe 7-3 lors d’une dernière journée de championnat sans véritable enjeu, le coach Carlo Ancelotti, qui avait amené les Madrilènes sur le toit de l’Europe l’an dernier, a été limogé par le président Florentino Pérez. Le signe que quelque chose ne tourne pas rond au sein de la “Maison Blanche”.

Qui pour remplacer Ancelotti ?

Arrivé à l’été 2013 en provenance du PSG pour remplacer le sortant José Mourinho, Ancelotti, vainqueur des Ligues des Champions 2003 et 2007 sur le banc du Milan AC, avait su apporter au Real la Décima tant attendue, ainsi qu’une Coupe du Roi l’an passé. On pouvait s’attendre à ce que les Merengue, qui s’étaient renforcés au mercato avec les arrivées de Toni Kroos, de James Rodriguez ou encore de Chicharito (en prêt), dominent cette saison de la tête et des épaules. Seulement, ce recrutement ultra-offensif avait vite éveillé les doutes et n’avait pas su compenser des départs plus préjudiciables comme celui de Xabi Alonso, véritable métronome du milieu madrilène, au Bayern de Munich ou encore celui du très prometteur Alvaro Morata à la Juventus. Ironie du sort, ce sont deux buts de Morata qui ont sorti le Real de la course au titre européen cette année…

Carlo Ancelotti
Carlo Ancelotti

Une gestion catastrophique du mercato, une saison blanche si l’on fait exception des titres ô combien symboliques en Supercoupe d’Europe et en Coupe du monde des clubs, autant d’éléments qui ont conduit à l’éviction d’Ancelotti. Une éviction qui s’est également faite sous la pression d’une frange (minoritaire) de supporters madrilènes, toujours plus exigente, et furieuse de ne plus voir le trio BBC (Bale – Benzema – Cristiano Ronaldo) marcher sur l’eau comme ce fut le cas l’an dernier. L’échec le plus flagrant d’Ancelotti, reste de ne pas avoir su mettre Gareth Bale en condition de faire briller l’équipe : comment un joueur qui avait préparé la saison de la meilleure des manières et qui avait été acheté pour plus de 90 millions d’euros par le Real a-t-il pu se montrer aussi impuissant au long de la saison (13 buts et 9 passes décisives en Liga mais seulement 2 buts et 1 passe en Ligue des Champions) ?

La problématique de la succession à Carlo Ancelotti se pose donc et deux techniciens sont évoqués par la presse madrilène, souvent friande de noms prestigieux. La piste la plus sérieuse mène à Rafa Benítez, qui est un ancien de la maison : il a coaché les jeunes de la Castilla et il a été l’adjoint de Vicente del Bosque lors de la saison 1993/1994 sur le banc du Real. Le profil de Benítez est retenu par les dirigeants madrilènes à cause de son palmarès européen (Coupe de l’UEFA 2004, Ligue des Champions 2005, Ligue Europa 2013). En effet, le club a toujours privilégié la scène européenne au sacre national et serait intéressé par le personnage, sous-côté, discret, mais efficace et féru de technologie. Ensuite, le nom de Jürgen Klopp circule, notamment depuis que l’on sait que le manager sortant de Dortmund se serait mis à l’espagnol. Mais on imagine difficilement un homme comme Klopp, qui se plaît à bâtir une équipe avec peu de moyens, à la tête d’un club aussi bling-bling et fortuné que le Real…

Une crise au sein des cadres ?

Si le départ d’Ancelotti a aussi rapidement été acté, c’est aussi parce qu’une fracture entre lui et certains cadres est apparue. Pour faire simple, le vestiaire du Real semble s’être divisé entre pro- et anti-Ancelotti. Parmi les fervents partisans d’Ancelotti, on retrouve le Ballon d’Or en titre Cristiano Ronaldo, qui a défendu son manager jusque dans les derniers jours précédant son limogeage. Il semble que le point de vue de Ronaldo soit également partagé par une bonne partie des cadres madrilènes, comme Casillas, Pepe, Ramos, Modric ou encore Gareth Bale. Mais les doutes émis publiquement par des joueurs comme Chicharito, furieux d’avoir si peu été utilisé, ou encore le capricieux Martin Ødegaard, témoignent de la difficulté récurrente pour les dirigeants du Real à gérer les egos de leurs joueurs. Quant à Karim Benzema, il semble ne toujours pas connaître le prénom de son coach… Le prochain entraîneur de Madrid devra, avant toute chose, s’occuper de l’apaisement des tensions dans l’effectif.

Sami Khedira
Sami Khedira

La gestion des cadres par la direction merengue s’annonce d’autant plus délicate que Sami Khedira, furieux de ne pas avoir reçu de signes tangibles de confiance et de ne pas avoir été prolongé, a violemment chargé ses patrons dans la presse. La frustration de Khedira, qui part libre cet été, s’explique par la politique du Real, qui privilégie le secteur offensif à la cohérence de son équipe dans les autres secteurs. Un choix qui pourrait bien être lourd de conséquences si d’autres cadres madrilènes de l’ombre venaient à quitter la Maison Blanche…

© Flickr – Vavel Espana / Flickr – Ashley Lindsay

A propos de Benjamin Mondon 276 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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