La renaissance d’Arjen Robben

Arjen Robben sous le maillot du Bayern, en 2012 face à Chelsea.

S’il avait été en finale du Mondial, il en aurait sans doute été le meilleur joueur. Mais le hasard d’une séance de tirs au but incertaine en a décidé autrement, et les Pays-Bas n’ont pu rééditer, en demies face à l’Argentine, leur exploit de 2010. Reste que s’ils sont à nouveau dans le top 3, c’est bien grâce à Arjen Robben. L’ailier droit gaucher, désormais trentenaire, a pris une nouvelle dimension depuis l’échec des Néerlandais en finale quatre ans plus tôt.

Arjen Robben sous le maillot du Bayern, en 2012 face à Chelsea.
Arjen Robben sous le maillot du Bayern, en 2012 face à Chelsea.

22 mai 2010. Le Bayern dispute la finale de la Ligue des Champions face à l’Inter de Milan de José Mourinho. La consécration pour Arjen Robben, 26 ans, qui n’a jamais atteint ce stade-là de la compétition. Même s’il a tout gagné avec Chelsea, même s’il s’est montré excellent au Real Madrid, même s’il a réalisé une bonne première saison avec le club bavarois, Robben a encore beaucoup de choses à prouver. Mais le plus grand espoir du football néerlandais va passer à côté de son match, et un doublé de Diego Milito prive le Bayern de la coupe aux grandes oreilles.

Le pire reste cependant à venir. Moins de deux mois plus tard, les Pays-Bas, à la surprise générale, accèdent à la finale de la Coupe du monde, en Afrique du Sud, face à l’Espagne, après avoir sorti le Brésil et l’Uruguay. Décisif dans ce parcours inattendu, Robben sort tout juste de blessure et n’est pas à 90% de ses moyens. L’histoire va alors tristement se répéter. A 0-0, à la 62ème minute, le gaucher échappe à la défense ibérique et se retrouve face à Iker Casillas. La suite, on la connaît. Casillas dévie sa frappe, Robben manque ensuite une deuxième grosse occasion, les Pays-Bas perdent le match en prolongations (0-1). Et le joueur du Bayern gagne une étiquette de looser qu’il n’arrivera jamais à effacer complètement.

En 2012, Robben dispute une deuxième finale de Ligue des Champions et a l’opportunité de se racheter. Mais il ne s’est toujours pas remis de la finale du Mondial, deux ans plus tôt. Face à Chelsea, il obtient un penalty en prolongations. Mais sa tentative est détournée par Petr Cech, et le Bayern s’incline à l’issue de la séance de tirs au but. Pire : à l’Euro 2012, les vice-champions du monde néerlandais ne parviennent même pas à s’extirper de leur poule, perdant leurs trois rencontres. Arjen Robben, à ce moment-là, est sous les feux nourris de la critique. Au fond du trou.

Comment expliquer, alors, cette renaissance de Robben observée lors du Mondial ? C’est bien simple : il a enfin renoué avec la gagne. En 2013, le divin chauve a enfin troqué son costume d’antihéros pour celui d’une machine à gagner. Lors de la finale de la Ligue des Champions cette année-là, le Bayern a battu 2-1 Dortmund. L’auteur du but décisif ? Arjen Robben, de toute beauté.

La suprématie reconquise par le Bayern en championnat a également permis au Néerlandais de remonter la pente, en faisant preuve d’une exceptionnelle force mentale, car bien d’autres auraient lâché prise à sa place. Cerise sur le gâteau, Robben est devenu plus collectif, davantage au service de l’équipe, alors que quelques années auparavant son entraîneur José Mourinho le tançait pour son individualisme beaucoup trop prononcé. Robben a réussi tout ce qu’il avait à faire au dernier Mondial, faisant plus de bons choix qu’il n’en avait fait en 2010.

L’ailier néerlandais a également pu renaître grâce à une meilleure forme. Les blessures l’ont enfin épargné et il peut à présent entièrement bénéficier de sa meilleure arme, sa vitesse. Il ne s’est pas privé de le faire. Son sprint victorieux face à l’Espagne (le plus rapide de la Coupe du monde 2014) a été flashé à plus de 37 km/h, ce qui lui a permis de doubler Sergio Ramos comme un TGV et de marquer au nez à la barbe du gardien, un certain… Iker Casillas.

Désormais, tout sourit à Robben, même l’histoire qui lui a enfin fait une place parmi les grands. Il sait qu’il n’a plus désormais rien à perdre et que, lorsqu’on a 30 ans, on ne peut plus compter très longtemps sur sa vitesse. L’ailier droit a encore deux années devant lui au top niveau et compte bien en profiter. Il a l’air plus que jamais prêt à faire des ravages. Les adversaires du Bayern auront du souci à se faire…

© Flickr – rayand

A propos de Benjamin Mondon 276 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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