Rien ne va plus aux Girondins

Tout va très vite dans cette Ligue 1. Le 3 décembre dernier, Bordeaux occupait fièrement la 4ème place du championnat après une victoire 6-0 face à Nîmes. Quatre revers plus tard (Marseille, Strasbourg, Rennes, Lyon), les Girondins sont aujourd’hui 13èmes. A une période où les écarts au classement commencent à se creuser, les Marine et Blanc ne sont pas dans une bonne dynamique. Leur objectif de qualification pour la coupe d’Europe semble s’éloigner un peu plus chaque jour.

En tout cas, les coupes nationales ne leur permettront pas d’atteindre cet objectif. Éliminés sans gloire de la Coupe de la Ligue par Brest en décembre (2-0), les Bordelais ont vécu plus humiliant encore. Jeudi dernier, en déplacement à Pau (N1) en 16e de finale de la Coupe de France, ils ont été sortis par une équipe qui évolue deux divisions en dessous d’eux (3-2 a.p.). A 12 jours d’un Bordeaux-OM, l’invincibilité bordelaise à domicile face aux Marseillais, qui dure depuis plus de 42 ans, semble en grand danger…

De belles intentions en début de saison…

Pourtant, les Girondins abordaient la saison 2019/2020 avec des ambitions. Privés de coupe d’Europe, ils avaient donc un calendrier plus léger. Arrivé en cours d’exercice dernier, Paulo Sousa avait été conforté dans ses fonctions d’entraîneur par la direction. Le mercato laissait augurer de belles choses. Ainsi, la ligne de défense avait été entièrement remaniée avec les arrivées de Mexer Sitoe, Loris Benito, Enock Kwateng… et surtout Laurent Koscielny, ex-taulier de l’équipe de France et d’Arsenal. Au milieu, Bordeaux avait obtenu la signature de Youssef Aït-Bennasser en provenance de Monaco. Devant, c’est le buteur sud-coréen Hwang Ui-jo qui avait été recruté.

Avec une équipe renforcée, les Girondins avaient montré de belles intentions en début de saison. Le 3-4-3 de Sousa leur a permis de produire un fond de jeu d’une qualité sans pareil ces dernières années. Au milieu, les tâches ont été réparties : la récupération pour Otavio, la construction pour l’étoile montante Aurélien Tchouaméni. Devant, tout a d’abord fonctionné. Nicolas De Préville, Josh Maja, Hwang Ui-jo ou Yacine Adli ont été de réelles satisfactions. Derrière, la mayonnaise semblait prendre entre Pablo, Koscielny et Mexer.

… avant que les fantômes du passé ne rattrapent Bordeaux

Les éternels problèmes des Girondins n’ont pourtant pas tardé à se rappeler à leur bon souvenir. En coulisses, les choses ont bougé alors que tout allait pour le mieux. Dans le capital du club, le fonds américain GACP a vu ses parts rachetées par l’actionnaire principal King Street. Celui-ci détient désormais la totalité du capital. Problème : les supporters bordelais accusent King Street de vouloir faire le ménage dans les tribunes en restreignant l’accès au Virage Sud. Et le club bordelais de se consacrer à la revente de joueurs au détriment d’objectifs sportifs. Les Ultramarines ont donc régulièrement réclamé la démission de Frédéric Longuépée, président des Girondins et issu de King Street. Une agitation dont les Girondins se seraient sûrement passés.

Sportivement, il faut aussi constater que cette saison, les Bordelais n’ont battu que deux équipes mieux classées qu’eux actuellement (Nantes et Monaco). Le bon début de saison des Girondins s’est donc fait au détriment de clubs de bas de tableau. Mais face à des formations plus huppées, ils ont eu plus de difficultés à contenir le pressing. A Marseille, Bordeaux n’avait ainsi tenu qu’une mi-temps avant d’imploser (1-0 à la pause, puis 1-3). Même scénario contre Lyon : menant contre le cours du jeu à la pause, les Girondins ont été renversés en seconde période sans voir le jour (1-2).

Des joueurs encore trop irréguliers pour accrocher l’Europe

Ce phénomène s’explique par l’irrégularité de nombreux joueurs. Hwang, Aït-Bennasser, Kalu, Kamano ou encore Kwateng ont promis de belles choses, mais se sont souvent montrés décevants. Celui qui aurait dû être le patron de la défense, Laurent Koscielny, semble en pré-retraite. C’est au capitaine Benoît Costil que revient l’intégralité du leadership. Cependant, force est de constater que son coup de gueule après la défaite face à Lyon n’aura servi à rien. Moins d’une semaine après, les Bordelais ont été humiliés par Pau.

Paulo Sousa et ses prédécesseurs n’y pouvaient donc rien : pour progresser, il faut s’appuyer sur des cadres qui sortent du lot. Bordeaux a plutôt privilégié l’acquisition de joueurs d’avenir bankables pour réaliser des marges. Mais cela ne suffit pas dans une Ligue 1 qui se renforce incessamment. Cette stratégie fut longtemps celle de Monaco, inutile donc de dire que son échec à long terme est certain.

Alors que ses meilleurs scoreurs (De Préville, Briand, Maja) n’en sont qu’à 5 buts, Bordeaux doit profiter du mercato d’hiver pour trouver un buteur de caractère. Cela réglerait le problème de l’irrégularité du secteur offensif. Surtout, les Girondins pourraient aborder les grandes rencontres de manière décomplexée. Avec en ligne de mire, une qualification en Coupe d’Europe qui est à six points. Le jeu en vaut la chandelle, non, monsieur Longuépée ?

A propos de Benjamin Mondon 236 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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