Siniša Mihajlović, un libéro d’exception

Sinisa Mihajlovic, en conférence de presse en tant que coach de la Sampdoria.

Le but d’Aleksander Kolarov dimanche face à la France en a rappelé à plus d’un le souvenir de Siniša Mihajlović, en Serbie comme ailleurs. Le superbe coup franc du défenseur de Manchester City était imparable, comme ceux de Mihajlović en son temps. Oublié aujourd’hui en France, le Serbe reste une légende dans son pays et également dans sa terre d’adoption, l’Italie.

Sinisa Mihajlovic, en conférence de presse en tant que coach de la Sampdoria.
Sinisa Mihajlovic, en conférence de presse en tant que coach de la Sampdoria.

Né à Vukovar, une ville au funeste destin, en 1969, d’un père serbe et d’une mère croate, le jeune Siniša fait ses classes dans son pays, la Yougoslavie, à Novi Sad. En 1991, il signe au sein du meilleur club de la contrée, l’Etoile Rouge de Belgrade, où il remporte aussitôt la Ligue des Champions face à l’OM en finale. Mais le démantèlement de la Yougoslavie, qui laisse augurer les guerres les plus terribles et les pires massacres de la fin du XXe siècle, va pousser Mihajlović à s’exiler en Italie en 1992, où il écrira, avec force coups francs, sa légende.

AS Rome (1992-1994), Sampdoria (1994-1998), Lazio (1998-2004), Inter (2004-2006) : partout où il passe, Siniša Mihajlović laisse un souvenir impérissable. Tout d’abord grâce à cette incroyable patate du gauche qu’il va mettre à profit sur coups de pied arrêtés, devenant la terreur n°1 des gardiens transalpins. C’est ses coups francs qui le feront rentrer dans la légende : il est le meilleur buteur de Serie A dans cet exercice. Un beau jour de 1998, la Lazio reçoit la Sampdoria. Si le club de Rome s’impose 5-2, il le doit à Mihajlović, auteur d’un triplé… sur coup franc. Seul Michel Platini avait réussi à faire aussi bien.

Des frappes parfois chronométrées à plus de 150 km/h, qui ne laissaient aucune chance aux gardiens (les portiers de la Lazio refusaient souvent de laisser le Serbe tirer à l’entraînement), ou même, des fois, au mur : lors d’un Allemagne – Yougoslavie à la Coupe du monde 1998, Jürgen Klinsmann avait ainsi pris un ballon dans le ventre. Ne retrouvant pas son souffle, il avait dû être évacué sur une civière et remplacé !

Mais Siniša Mihajlović est plus qu’un simple tireur de coups francs ou de penaltys. Symbole d’une génération yougoslave dorée mais trop tôt déchirée par la guerre, le libéro serbe n’avait qu’un mot d’ordre : défendre, ou mourir. Parfois très rugueux et violent, dans les gestes comme dans les mots (il avait proféré des insultes racistes à l’encontre de Patrick Vieira), il possédait aussi un look très hésitant mais original.

Depuis 2006 et le sacre de l’Inter, Mihajlović est retiré des terrains et s’exerce sur un banc. Avec des résultats pour le moins contrastés : s’il avait convaincu à Bologne et à Catane, il n’a ni su succéder à Cesare Prandelli sur le banc de la Fiorentina, ni qualifier la sélection serbe pour la Coupe du monde au Brésil. Il officie actuellement au sein de son ancien club, la Sampdoria de Gênes, actuel 9ème de Serie A.

© Flickr – Calcio Streaming

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Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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