“Réveillère à l’OM ? Dieu seul le sait”

Anthony Réveillère vers l'OMselon son agent, Stéphane Canard

Stéphane Canard, agent de Anthony Réveillère et Raymond Domenech nous a offert l’opportunité de discuter avec lui de son métier d’agent, de son mercato estival et de la situation de ces deux clients.

Stéphane Canard, qui est également président du syndicat des agents en France et membre de la commission des agents sportifs à la Fédération Française de Football, a notamment permis à Stéphane Trévisan, l’un de ses associés actuels, de signer à l’OM alors que ce dernier était en fin de contrat à Guingamp. Le gardien français a ainsi eu l’occasion de disputer deux matchs de Ligue des Champions face à Chelsea alors qu’il n’arrivait pourtant à Marseille qu’en tant que doublure, parcours original pour un portier plus retenu par l’EAG. Dans cette interview exclusive, Stéphane Canard revient sur son parcours, son expérience et revient plus en détail sur l’été du latéral droit lyonnais entre autre.

Vous êtes le premier agent FIFA licencié en France, comment êtes-vous devenu agent ?

Il y a 21 ans que je suis agent, et j’ai passé ma licence en 95. J’étais directeur général d’un club de football professionnel qui était Rodez et évoluait en deuxième division. J’ai eu cette fonction pendant 3 ans à Rodez et j’ai été amené à être confronté à des agents qui, à l’époque, étaient difficilement identifiables, ça pouvait être un boucher, un cordonnier, un médecin et parce qu’il se considérait comme intellectuellement capable de s’occuper d’un joueur, il le côtoyait et le sollicitait. Et je m’étais rendu compte qu’il y avait très peu d’agents, une dizaine maximum, et je m’étais dit que si un jour je faisais ce métier, je le ferai différemment. Quand j’ai créé ma société au départ, c’était une société anonyme et je l’avais fait volontairement dans un souci de crédibilité et d’image parce que je voulais montrer que le métier d’agent était aussi un métier honorable. Et donc quand l’occasion s’est présentée de passer sa licence en 95, j’ai été le premier à la passer et à l’avoir.

Et après 21 ans de métier, on ne se lasse pas ?

Non, pas du tout, si on garde la passion du foot. J’ai toujours été passionné et je le suis resté et je pense que c’est ce bien être en regardant le football qui permet de continuer. 

Le métier d’agent est pourtant énormément critiqué, notamment par l’image que reflètent certains agents internationaux… N’est-ce pas difficile d’essuyer toutes ces critiques ?

D’abord, il faut savoir que le football est la première multinationale au monde. En plus, il a l’handicap de son avantage, c’est à dire qu’il est hyper médiatisé et de fait, en étant hyper médiatisé, fatalement le moindre dérapage est amplifié et grossi. J’ai plus d’honneur à être agent dans le football qu’à être celui qui est dans la vente d’armes ou la fabrication de produits chimiques… Je préfère être agent dans le football.

Le métier d’agent de football, ce n’est toutefois pas que les périodes de mercato, qu’est-ce que vous faites en dehors ?

Rien, je me repose (rires). Si vous avez une entreprise normalement constituée, vous avez une entreprise avec des commissaires au compte, des avocats, des dossiers à suivre et à entretenir, vous avez à aller voir des matchs et rencontrer des joueurs, rencontrer des clubs… Il y a tout un travail en amont et en aval en dehors des périodes de mercato, il n’y a pas que la période où apparaît le résultat de l’activité.

Comment convaincre un club, une équipe, que votre joueur est celui qui leur faut ?

C’est un tout. Y a l’image, la crédibilité, le professionnalisme, l’antériorité et la qualité de certains joueurs aussi. Et les clubs me, nous font confiance avec mes associés, après c’est une question d’image et d’expérience. À un moment donné, j’ai été amené à travailler avec un club et comme ça s’est bien passé, il souhaite retravailler avec nous. 

Anthony Réveillère, vers l'OM selon son agent, Stéphane Canard

Plus particulièrement sur votre joueur, Anthony Réveillère… On a mis en avant ses problèmes physiques notamment l’année dernière, où est-ce qu’il en est maintenant au point de vue physique ?

Secret défense, c’est un secret médical. S’il a une licence dans un club, c’est qu’il n’a pas de problèmes médicaux, voilà.

Anthony Réveillère a t-il pensé à prendre sa retraite cet été ?

Non. Non, non.

Pouvez-vous revenir sur l’échec de la proposition d’Evian qui a été faite lors du mercato estival ?

Vous savez, il y a des fois des considérations humaines, stratégiques, politiques, financières, sportives qui font que tous les éléments et les critères ne sont pas requis et donc ça n’aboutit pas. 

Des garanties sportives ont-elles été données par le club de Marseille (ndlr : avec lequel il doit passer sa visite médicale) ?

Jamais, on a jamais de garanties sportives. Le meilleur joue.

Comment s’est finalement décidé cette destination de l’OM ?

Le sportif, bien sûr. On parlait d’Evian tout à l’heure. On ne peut pas comparer Evian et l’Olympique de Marseille…

Et quelles chances lui donnez vous d’être un marseillais d’ici la fin de la semaine ?

Dieu seul le sait…

Est-ce que vous pouvez revenir sur le cas Raymond Domenech et la sélection camerounaise qui connaît actuellement des problèmes avec Samuel Eto’o notamment qui a déclaré ne plus vouloir y jouer ?

Il y avait une sorte de liste avec plus d’une centaine de personnes qui ont fait acte de candidature, donc la fédération camerounaise était bien organisée même si son président a eu quelques soucis avec la justice, mais ça, c’est un autre problème. Dans la short-list, y avait trois noms. Raymond était celui qui, à priori, recueillait l’ensemble des accords pour l’ensemble des dirigeants  de la fédération et de l’état… Mais bon, l’entraîneur allemand était un homme de Puma, et comme l’équipementier de la sélection camerounaise était puma, je pense qu’il y a eu un accord entre Puma, ce sélectionneur et la sélection. Maintenant, qu’il ait des problèmes, ça ne me surprend pas car c’était quelqu’un qui n’était pas très connu, qui n’avait pas l’expérience de la sélection et qui n’avait jamais rien fait. Je ne comprends pas que la sélection camerounaise ait choisi un entraîneur de ce type alors qu’il n’a jamais eu de résultats. Avec Raymond Domenech, ils avaient une garantie d’expérience, une garantie de sérieux et avec tout ça, vous avez plus de chances de réussir qu’avec un autre.

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