Unai Emery : pour donner une âme au PSG

Pratiquement officialisé en tant qu’entraineur du Paris-Saint-Germain, Unai Emery amène avec lui un mélange d’incertitudes et d’espoir. Si Nasser Al-Khelaifi effectue un pari bel et bien risqué, le jeu semble en valoir la chandelle.

Avant d’évoquer l’arrivée du technicien espagnol, il s’impose de dresser un bilan de son prédécesseur. Sur le plan national, hormis un faux pas en seizième de finale de coupe de France face à Montpellier, Laurent Blanc a absolument remporté toutes les compétitions dans lesquelles il était engagé. Ce bilan irréprochable a permis au PSG de s’imposer comme l’ogre du football français, chose qui n’était pas encore acquise à son arrivée. Mais n’est-ce pas finalement normal de dominer l’Hexagone avec un tel effectif ? Sûrement, mais faire preuve d’une telle régularité au haut niveau n’en reste pas moins remarquable. Blanc a réussi à gérer un vestiaire, imposer un style de jeu et remporter des titres. Toutefois la mission première du PSG version qatari est de briller sur la scène européenne. C’est là que le bat blesse.

C'était une moisson bien réussie...
C’était une moisson bien réussie…

Avec trois quarts de finale consécutifs, Blanc a une nouvelle fois fait preuve de régularité et de sérieux. Si l’élimination de justesse face à Chelsea et la défaite face à un Barça exceptionnel sont compréhensibles, le fiasco face à Manchester City reste une faute professionnelle. Que ce soit tactiquement avec un système à trois défenseurs qui a fait débat mais surtout dans la motivation et la responsabilisation de ses joueurs, Laurent Blanc a failli. Le cas Aurier est en cela symbolique. Finalement l’ère du “président” se résume à un travail sérieux ayant permis à Paris de s’installer confortablement dans l’élite du foot européen. Mais cette régularité dans la maitrise des évènements ne va-t-elle pas de paire avec un manque de folie en général ? Les matchs où le PSG aura enflammé la Ligue 1 par un jeu offensif et spectaculaire comme contre Angers ne sont pas si nombreux. Pourtant lorsqu’une équipe possède une telle marge sur ses adversaires, elle a pour devoir d’approcher au mieux de cet idéal émotionnel. Le pragmatisme peut attendre les joutes européennes.

...jusqu'à ce qu'un rouquin s'en mêkle
…jusqu’à ce qu’un rouquin s’en mêle

Laurent Blanc a mis en place un jeu de possession calqué sur le FC Barcelone, sans posséder le génie d’Iniesta ou de Messi. En plus de montrer ses limites en Ligue des Champions, ce système a parfois viré à une passe à dix ennuyantes sur les pelouses françaises. En engageant Unai Emery, le PSG n’est sans doute pas étranger à cette idée d’amener un peu de folie dans son jeu. En effet l’entraineur du FC Séville s’est fait remarqué par son triple exploit en Europa Ligue où il a pratiqué un football bien souvent léché. Fort d’un quatuor offensif et de latéraux inspirés techniquement, les Sévillans ont réussi à faire exploser les défenses de l’anti-chambre européenne. Toutefois Unai Emery est avant tout un entraineur polyvalent et pragmatique. Son équipe évolue aussi bien en contre-attaque qu’en possession et il ne renonce jamais à son double pivot à la récupération. Une constante : l’engagement. Le pressing est immédiat à la récupération tandis que tous les coups sont joués à fond. En ce sens une application des méthodes de l’Espagnol constituerait une petite révolution dans le club de la capitale.

La vérité Eddie !
La vérité Eddie !

Bien sûr les acquis d’un entraineur dans un club ne sont pas éternels et engager Unai Emery constitue un véritable pari. Plus habitué à jouer l’Europa Ligue que la Ligue des Champions, il devra gérer un vestiaire d’une dimension supérieure et supporter une plus grande pression que dans le club familial qu’est Séville. Plutôt que de spéculer sur ses chances de succès, considérons simplement que l’arrivée de l’Espagnol rebattra les cartes. Sans doute la grinta de Cavani sera valorisée et les talents de David Luiz devant la défense exploités. Oui, Unai Emery apporterait quelque chose de différent. Un certain romantisme qui ne ferait pas de mal à un club jugé sans âme depuis le rachat qatari, cette saison de football nous ayant rappellé que les exploits se créent au courage et à la passion.

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