Où va s’arrêter l’affaire Benzema ?

À l’image du dernier film de Zack Snyder, le débat sur la présence de Karim Benzema en équipe de France divise le monde du football hexagonal, et même au-delà de nos frontières. L’attaquant du Real Madrid, mis en examen dans l’affaire de la sextape, sera fixé sur son sort me 15 avril prochain, en attendant, les débats se multiplient.

Il n’a fallu que deux matchs, face aux Pays-Bas et à la Russie pour mettre le débat au centre des discussions de tous les Français. Les bleus ont marqué 7 buts, ont été plutôt entreprenants dans le jeu, et surtout montré un état d’esprit conquérant. Giroud, Gignac, Griezmann, Payet ou encore Coman ont marqué. Autant de concurrents possibles dans le secteur offensif qui sont censés faire de l’ombre au retour du natif de Bron sous la liquette tricolore. Karim Benzema est aujourd’hui la cible dès lors que l’on évoque l’équipe de France. Sa présence est un débat incessant, tandis que la France se divise un deux clans, les pour et les contres.

Récupération Politique

Le football occupe le centre de notre société surtout lorsque l’on évoque une affaire comme celle-ci, alors même au sommet de l’Etat, on a son avis sur le sujet. François Hollande et Manuel Valls ne sont pas pour un retour de l’ex attaquant de Lyon. Désirant faire de l’affaire un exemple pour démontrer que les sportifs ne sont pas intouchables par la justice, l’exécutif voit d’un mauvais œil un éventuel retour de Benzema. Notamment, François Hollande, le président n’a pas exprimé publiquement sa volonté de ne pas voir KB9 à l’Euro, de peur de paraître ridicule lors de la visite à Clairefontaine. En effet avant toute compétition, le président français rend visite aux 23 joueurs, pour faire une photo et s’entretenir avec eux. On voit mal François Hollande serrer la main de Karim Benzema, alors qu’il n’a pas souhaité sa présence dans le groupe.

De plus le président sait à quel point une finale ou un titre des Bleus lui permettrait de voir sa cote de popularité rebondir à moins d’un an des prochaines élections présidentielles. C’est pourquoi selon le Canard enchaîné, François Hollande aurait dit à ses ministres « d’arrêter les conneries, et de ne plus s’exprimer sur l’affaire ». Des déclarations qui seraient intervenues quelque temps après l’avis de Manuel Valls qui a déclaré que « les conditions pour un retour de Benzema n’étaient pas réunies ». Le Premier ministre n’est pas le seul à avoir répondu négativement à la question, puisque Patrice Kanner, Nadine Morano, Roberd Menard, Marine Le Pen où encore Nicolas Sarkozy ne souhaitent pas un retour de l’attaquant Français.

Si les politiques ont leur avis, celui des instances du football français est également tranché. Noël le Graët et Didier Deschamps ne voient dans cette compétition que le succès final, et estiment que sans Benzema c’est impossible. La réflexion est associée au résultat. Si Benzema marque des buts importants, alors tout sera oublié. Le public est versatile, c’est ça la clé du raisonnement. De ce fait, il est fort probable que la FFF ne prenne pas compte de l’opinion du « peuple » qui ne veut plus de Benzema en équipe de France. Une situation qui n’est pas fini, surtout en interne, là où la décision sera prise.

Débat sportif

Seulement, le seul endroit où l’on peut juger les performances de l’attaquant français, reste sur le pré. Dans une forme éblouissante depuis le début de la saison au Réal Madrid, Karim Benzema est indiscutable si l’on prend le plan purement sportif puisqu’il est le meilleur buteur français de la saison. Une saison où paradoxalement, il n’a participé qu’à très peu de matchs des bleus, où il n’a pas pu montrer d’éventuel progrès, notamment dans l’attitude. Sur le terrain, le Français a souvent donné l’impression de ne pas tout donner, un air nonchalant que l’on retrouve aussi chez Pogba. Agaçant quand on sait le talent de ces joueurs.

De plus, comme on l’apprend dans L’équipe, Benzema estime qu’il n’est pas assez bien entouré en équipe de France, que les joueurs ne sont pas assez techniques autour de lui. À cause de l’affaire, on n’a pas pu le juger dans cette équipe de France, entouré de Pogba, Payet, Griezmann, là où la technique est présente. Reste que sur les 81 sélections qu’il a au compteur depuis ses débuts en 2007, l’international français n’a fait qu’une poignée de très bons matchs sous la liquette de l’EdF, marquant souvent dans les matchs amicaux ou contre des adversaires plus faibles (cf son doublé contre le Honduras à la coupe du monde 2014). Son association avec Giroud a été d’actualité comme à l’époque de Trezeguet-Henry. La seule différence réside dans le fait que les deux champions du monde 1998 voulaient jouer ensemble, tandis que Benzema souhaite occuper seul la pointe de l’attaque.

Le débat Benzema – Giroud est alors la principale occupation de réseaux sociaux, qui cherche à prouver que l’un est meilleur que l’autre et vice versa. Comme le débat Barça – Réal, où Messi – Ronaldo, on ne cherche pas le meilleur pour l’équipe en question, mais plutôt la meilleure argumentation pour prouver que l’on a raison. Le football s’individualise jusque dans les débats, à l’image d’une société moderne très égocentrique. La possible participation de Benzema à l’Euro ne tient qu’à l’avis de quelques personnes, mais l’empreinte que cette affaire à laisser dans le groupe France et dans l’opinion publique risque de raisonner bien au-delà de l’Euro.

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire