Valence, la bonne surprise de l’année 2020 ?

L’élimination de l’Ajax Amsterdam de la Ligue des Champions, il y a une semaine, en aura surpris plus d’un. La faute à un dernier match perdu à domicile face à Valence (0-1). Dans un groupe H qui leur était pourtant promis, les Néerlandais n’auront fini que troisièmes. Devant Lille certes, mais surtout derrière Chelsea et Valence. Une équipe valencienne qui a terminé en tête de la poule, alors qu’elle semblait au départ promise à la Ligue Europa. Et qui jouera donc les huitièmes de finale de la Ligue des Champions en février. Surprenant ? Pas vraiment quand on suit attentivement le club ché. Ce dernier n’a sans doute pas fini de nous épater.

Valence, un outsider de l’ombre du championnat espagnol

L’effet de surprise s’explique par la méconnaissance qu’a le grand public de Valence. Dans le championnat espagnol, l’attention se concentre presque exclusivement sur les deux mastodontes que sont le Barça et le Real Madrid. Dans une moindre mesure, l’Atlético Madrid ou le FC Séville peuvent aussi bénéficier d’une certaine médiatisation, mais ça s’arrête là.

Cette part d’ombre ne semble pas perturber Valence. Les Chés se qualifient régulièrement en Coupe d’Europe depuis plusieurs années. En 10 ans, ils n’ont raté cet objectif qu’à trois reprises.

Du côté financier, Valence peut s’appuyer sur un investisseur fiable, le propriétaire singapourien Peter Lim. Lim s’implique dans la gestion de son club… peut-être même un peu trop. En désaccord avec la direction sportive, le boss a renvoyé sans ménagement le coach Marcelino en septembre, puis le directeur général Mateu Alemany en novembre.

De quoi plonger l’équipe dans la crise ? Pas vraiment. Car si les joueurs ont exprimé tout leur soutien à Marcelino au moment de son licenciement, ils ont trouvé la ressource pour aller s’imposer sur le terrain de Chelsea quelques jours plus tard (0-1). On peut donc saluer la reprise en main de l’équipe par Albert Celades, ex-coach des Espoirs espagnols. Mais aussi le grand sens des responsabilités des cadres de l’équipe.

Une équipe qui fait mal sur le papier… et aussi sur le terrain

Celades a réutilisé le dispositif tactique de Marcelino : un 4-4-2 qui peut basculer en 4-3-3 en cours de rencontre. Valence évolue ainsi comme une équipe attentiste, capable de défendre puis d’une efficacité clinique en contre.

Dans les buts, le titulaire est le Néerlandais Jasper Cillessen (30 ans), arrivé cet été de Barcelone. Actuellement blessé, il est remplacé avec succès par un enfant du pays, Jaume Domenech (29 ans).

Derrière, Valence peut compter sur une solide charnière centrale. L’expérimenté Ezequiel Garay (33 ans) est associé à l’ancien Gunner Gabriel Paulista (29 ans). Sur le banc, les Français Eliaquim Mangala (28 ans) et Mouctar Diakhaby (22 ans) constituent des alternatives intéressantes. Dans le couloir droit, on retrouve une vieille connaissance de Ligue 1 : l’ancien d’Evian Daniel Wass (30 ans). Le Danois possède un profil très offensif et une excellente qualité de centre. A gauche, José Gaya (24 ans) ou Jaume Costa (31 ans) peuvent en dire autant.

Au milieu, Dani Parejo (30 ans) assure le travail de sape à la récupération. Le capitaine de Valence est secondé par un autre joueur plus porté vers l’avant. Il s’agit le plus souvent de Francis Coquelin (28 ans) mais parfois également d’un autre Français, Geoffrey Kondogbia (26 ans).

Sur les ailes, la blessure du virevoltant Gonçalo Guedes (23 ans) en octobre a tout chamboulé. L’ancien Parisien était l’un des meilleurs Valenciens la saison dernière. Sa doublure russe Denis Cheryshev (28 ans) est également à l’infirmerie… A gauche, il a donc été remplacé par le tout aussi explosif Carlos Soler (23 ans), milieu droit d’origine. La prolongation de l’ailier espagnol, grand artisan des succès de Valence, a été actée hier : la clause du petit génie s’élève désormais à 150 millions d’euros ! Le vide laissé par Soler à droite n’aura pas mis longtemps à être comblé. Ferran Torres (19 ans) s’est imposé. Possédant lui aussi un profil plutôt complet, il intéresse notamment le Real Madrid.

Devant, le duo Rodrigo (28 ans) – Maxi Gomez (23 ans) semble indéboulonnable. Kevin Gameiro (32 ans) se tient cependant en embuscade sur le banc. Pour parer à un éventuel transfert de Rodrigo à l’Atlético, évoqué pour cet hiver, mais aussi pour faire face à une éventuelle blessure. Vous l’aurez compris, si Valence possède une aussi grande profondeur de banc, c’est surtout pour pallier aux blessures. L’infirmerie des Chés est plutôt bien et régulièrement fournie…

Quelles perspectives pour la suite de la saison ?

Cet effectif composé de joueurs réguliers permet à Valence de viser la 3e ou 4e place du championnat. Le club peut ainsi rivaliser contre les autres gros. Cette année, Barcelone en a fait les frais en finale de Coupe d’Espagne (2-1), battu par de solides Chés. Dimanche, le Real s’en est remis à Thibaut Courtois et Karim Benzema pour arracher le match nul à Mestalla, dans les derniers instants de la rencontre (1-1).

Actuellement 8èmes mais à 3 points de la 4ème place et 4 de la 3ème, les Valenciens pourront sûrement compter sur l’essoufflement de certains concurrents en 2020. A commencer par la Real Sociedad (6ème) ou Getafe (4ème). Les fins de cycle connues par l’Atlético et Séville peuvent aussi leur permettre de rêver grand.

En Ligue des Champions, Valence a hérité du tirage le plus abordable. L’Atalanta Bergame ne doit pas être prise à la légère. Mais les Italiens sont à la peine cette saison, et ont galéré pour s’extirper d’une poule plutôt clémente. Valence est donc favori, et devrait voir les quarts de finale. Après, cela s’annonce plus compliqué. Cependant, rien n’interdit à une équipe aussi décomplexée de rêver. Pour créer à nouveau la surprise et refaire le coup de l’Ajax l’an dernier ?

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Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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